"Numéro neuf" - Low cost (juillet 2015)

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RadioBrunooo
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"Numéro neuf" - Low cost (juillet 2015)

Messagepar RadioBrunooo » 08 juil. 2015 19:25

Low cost

Si vous êtes un suiveur régulier des informations de l’Elan, vous avez connu une triple alerte. Une première, le 24 mars,
avec une interview de Maher Abid dans la République des Pyrénées. Nous apprenons que « l'Elan est une société qui
perd de l'argent, qui n'a pas assez de fonds propres. Le club sera en situation de redémarrer sans grosses difficultés mais
il va bien falloir réajuster le prochain budget. Ce sera ric-rac à la fin de la saison mais pas catastrophique. »

Une seconde, le 28 mai, quand le nouveau coach est présenté, Didier Gadou parle de recruter malin (sous-entendu pas
cher), il est même annoncé une signature au salaire minimum pour Eric Barthecheky. La divulgation de cette dernière
information pouvait paraître étonnante.

La troisième fois, ce ne fut pas une alerte, mais une confirmation. Deux semaines après avoir embauché un nouvel
entraîneur, l’Elan révèle un déficit cumulé de 700 000 euros, au moment où sont votés les ajustements nécessaires à la
survie du club. Ce jour-là, celui qui n’avait pas compris est maintenant définitivement convaincu. L’Elan entrait dans
une nouvelle ère : celle du low cost.

L’Elan ne peut plus payer.
Le message est clairement envoyé aux supporteurs, aux joueurs et à leurs agents. L’Elan ne peut plus payer, on pourrait
dire surpayer, des joueurs qui justifient un gros salaire. Il faut dire que les résultats décevants de la saison passée ont
provoqué un certain acharnement sur ces salaires. Et par conséquent sur ceux qui leur ont fait signer les contrats. Le
remaniement au sein du club est en grande partie justifié par l’état des finances.

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Charles Kahudi, un joueur qui était sur le marché, un luxe inaccessible.


Mais que s’est-il passé pour que nous en arrivions à ce stade ?

Déjà, ce n’est pas nouveau. L’Elan ne fait plus partie des clubs riches depuis pas mal d’années. Cependant, les dirigeants
ont certainement espéré le redevenir. Dans le contexte actuel, il apparaissait un bon moyen, c’est obtenir des résultats.
Une voix venait d’être tracée par Limoges, club qui a connu un parcours similaire, en passant par une crise financière,
des relégations et une tentative de retour au premier plan.

En 2013, Limoges a recruté Moerman, un bon joueur français parti en Espagne. Je me souviens encore des remarques sur
son salaire lors de son engagement par Limoges. Mais finalement, cette arrivée a été l’élément déclencheur d’une suite
d’événements favorables. En fin de saison, le CSP est champion, il touche le jackpot avec l’Euroleague, il peut se
permettre de réévaluer le montant des abonnements et il attire sûrement des sponsors supplémentaires. Alors, l’Elan
cherche son Moerman, scrute le marché des bons JFL et tente un coup similaire, une dimension en dessous, avec la
signature de Yannick Bokolo. En dehors de toute considération sportive, nous pouvons nous demander si ce n’était pas
un mauvais signe envoyé aux agents de joueurs. Celui que l’Elan peut payer de bons salaires.

A l’arrivée, pas d’Euroleague ! Plus sérieusement, le cap des 1 000 abonnés et les play-offs ne sont pas atteints, les
sommets du classement n’ont jamais été entraperçus. Cette absence de sursaut précipite le club vers un trou financier
qui devient inquiétant.

Le low cost, c'est moins de pression.
Un effectif low cost implique une baisse des tarifs et une baisse des objectifs. Il présente des avantages non négligeables.
Il est beaucoup plus facile de couper un joueur avec un bas salaire, ce qui permet un réajustement de l’effectif en cours
de saison. Cette possibilité a cruellement manqué cette année. Surtout, tu ne mets pas en péril le club pour les années
suivantes avec des contrats qui plombent le moral du comptable. Pour le joueur, c’est moins de pression, il n’entendra
pas toute la saison que son rendement n’est pas en adéquation avec son salaire.

Le souci, c’est que le low cost est l’apanage d’une majorité de clubs en ProA. Si on enlève les poids lourds du championnat,
l’Asvel, Limoges, Strasbourg, qui s’échangent des joueurs comme Traoré, Kahudi ou Beaubois, derrière, ça se complique. Il
y a encore quelques places fortes comme Le Mans, qui peut se permettre de remplacer Kahudi par Gelabale, ou Gravelines
qui offre des contrats généreux aux JFL. Mais si on regarde bien, les trois quarts des équipes sont prêtes à signer un JFL
qui n'a encore rien prouvé ou qui n'a pas confirmé une saison prometteuse. Suffit qu’il ne soit pas trop gourmand. Les
dirigeants sont même ravis de réaliser une telle opération.

Image
Max Kouguere, un joueur qui était sur le marché, à un tarif accessible.

L’Elan se retrouve en concurrence avec tous ces clubs. Des historiques en difficulté, comme Cholet. Des nouveaux qui
construisent, comme Châlons-Reims. Des clubs qui ne feront pas de folie sur les JFL et qui tenteront de réaliser de bonnes
affaires sur les JNFL plus tard dans l’été. Cette politique est malheureusement une vision à court terme. En imaginant que
vous fassiez une bonne pioche sur un jeune joueur ou même sur un JNFL, l’année suivante, vous n’avez pas les moyens de
le garder, à moins d’avoir concrétisé sportivement et de pouvoir augmenter votre budget. Dans un système où les
collectivités locales ont déjà donné, il ne faudra compter que sur les partenaires privés. Pas gagné.

Alors comment sortir de cette spirale ?

Il y a une solution à trois quarts d’heure du Palais. Il s’agit d’aller brûler régulièrement des cierges à Lourdes pour espérer
l’arrivée d’un mécène.
Il y en a peut-être une autre sur place. Il s’agit de créer une dynamique entre les supporteurs, les médias et l’équipe pour
refaire parler de l’Elan en bien, pour attirer des partenaires et du public. Par exemple, je pense à cette magnifique soirée
du 12 mai 2015, un modèle du genre.

La troisième mi-temps fut merveilleuse.
Ce soir-là, il y avait un choc entre deux Elans. D’un côté, un léger élan béarnais, au bout du rouleau de ses désillusions.
De l’autre, un élan chalonnais volontaire qui voulait décrocher un sésame pour les play-offs. De match, il n’y en eut pas.
Mais la troisième mi-temps fut merveilleuse.

L’équipe se réunit au centre du Palais pour saluer les fidèles supporteurs. Sami Driss, capitaine courageux, prit le micro et
remercia le public présent. Il partagea avec émotion la saison décevante de l’équipe. Quelques sifflets et quelques huées
descendirent des tribunes. Mais ce n’était pas le moment pour ce genre de manifestations et les spectateurs patients
l’avaient bien senti. C’était l’ultime communion d’une équipe avec son public.

L’allocution de Sami Driss était sans langue de bois. Déception, objectif trop élevé, etc… Mais il expliqua qu’il y avait eu
des éclaircies. Ainsi il invita le public à revoir les images de ces rencontres gagnées à l’extérieur. Il s’excusa presque pour
l’équipe d’avoir gagné ces rencontres, sans pouvoir partager ce bonheur avec leurs fidèles. Sur le cube du Palais, on revit
les images de David Denave qui crucifia Paris au buzzer. Puis la vidéo de la caméra de surveillance de la Meilleraie qui
montra les images du hold-up de Cholet. Des extraits des succès à Nancy et à Dijon. La suite?Les images de l’entrée des
joueurs, des tirs à 3 points de Sami, des contres de Sylla et des paniers de magicien d’Antywane Robinson à Orléans.
Ma voisine, abonnée depuis 1985, faillit s’évanouir quand, sur le cube, apparut "la Légende", les bras en V à la fin de ce
match. On sentait qu’il commençait à se passer quelque chose dans le Palais.

Puis, ce fut au tour de Charles-Henri Bronchard. Dès qu’il enfourna le micro dans sa barbe, quelques vivas émergèrent
dans une ambiance somme toute feutrée. Il remercia chaleureusement les supporteurs, il exprima toute sa reconnaissance
à l’Elan pour lui avoir fait vivre les intenses batailles de ProA et surtout celle contre Limoges à domicile. L’ambiance monta
d’un cran quand les images de la victoire sur notre meilleur ennemi furent diffusées.


Les supporteurs revivent la victoire de l'année.

Il fallut attendre un bon quart d’heure pour que l’hystérie baisse d’un cran dans les tribunes et pour qu’un troisième
joueur puisse s’exprimer. Et, aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est Yannick Bokolo qui termina le boulot. Dans un
rôle contre nature, il remercia à nouveau le public. Il félicita les Green Fire qui en profitèrent pour mettre le feu. Et surtout,
il donna rendez-vous à l’année prochaine pour une revanche, car il s’agira bien de ça en 2015-2016. Certains parleraient de
rachat, mais en cette période de vaches maigres, il préféra utiliser le terme de revanche.

Bien sûr, cette assemblée n’allait pas se quitter comme ça. Le club avait prévu un casse-croûte de fin de saison. Ainsi, les
joueurs, les dirigeants, les élus et les supporteurs se retrouvèrent, un verre de Jurançon à la main, dans une ambiance
classique du sud-ouest. C’était une occasion en or de partager la déception, de la digérer et d’imaginer une suite plus
heureuse.

Image
Bodéga d'après-match (2012)

Franchement, une soirée comme ça vous nourrit pour l’éternité. Vous racontez ça à vos collègues, à vos potes de basket, à
votre belle-mère à la maison de retraite… Le supporteur hésitant se dit qu’il va reprendre son abonnement. L’acharné (il en
existe encore) est conforté dans son amour du club.

Ce soir-là, je vais vous décevoir, j'étais dans mon canapé. Je n'ai pas de souvenir précis, mais mon esprit ne fut pas occupé
par le basket. Il y avait bien le direct de Prof, mais il s'est arrêté à la fin de la deuxième mi-temps. Je n'ai pas eu l'impression
de rater quoi que ce soit. Alors que cette prolongation, elle aurait certainement attiré mon attention. Elle a en plus le
mérite d’entrer dans la nouvelle politique du club, ça ne coûte rien ou presque. Tiens, rien que l’idée, je vous le dis, vieille
comme le monde, elle est gratuite.

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